Textes grecs
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Pausanias décrit ainsi le mur à gauche de l'entrée du portique, peint par Polygnotos de Thassos et cite à ce propos deux vers de Minyas : L'autre partie de la peinture, à gauche, représente la descente d'Ulysse au lieu dit "Hadès", pour interroger l'âme de Tirésias et savoir comment rentrer sain et sauf dans sa patrie. L'image se présente ainsi : de l'eau semble représenter un fleuve, de toute évidence l'Achéron, des roseaux y poussent, et les formes des poissons sont si indistinctes qu'on les prendrait plutôt pour des ombres de poissons. Sur le fleuve se trouve un bateau, son batelier aux avirons. Polygnotos, me semble-t-il, suit le poème Minyas. En effet, dans Minyas, on fait référence à Thésée et Pirithoüs en ces termes : "A cet endroit, en vérité, le bateau des morts, que mène le vieux nocher Charon, ils ne le trouvèrent pas sur le rivage." C'est pourquoi Polygnotos a représenté Charon comme un vieillard. |
ESCHYLE, les Sept contre Thèbes, 854-850, texte établi et traduit par Paul Mazon, Les Belles Lettres, 1976
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Après la mort d'Etéocle et de Polynice, le chœur, représenté par les femmes thébaines, se lamente. Charon lui-même ici n'est pas nommé, mais sa barque s'équipe de voiles noires et la traversée de l'Achéron est le contrepoint négatif de la joyeuse procession en l'honneur de d'Apollon vers l'île de Délos. Allons, mes amies, qu'au vent des sanglots vos bras battent autour de vos fronts l'entraînante cadence de nage qui, de tout temps, à travers l'Achéron, a su faire passer la lourde nef aux voiles noires, avec ses pèlerins, jusqu'à la rive ignorée d'Apollon, la rive sans soleil, hospitalière et ténébreuse. |
EURIPIDE, Alceste,, texte établi et traduit par Louis Méridier, Les Belles Lettres, 1961
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V 252-269
V 435-444 http://www.perseus.tufts.edu/cgi-bin/ptext?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0087&query=choral%3D%233 Le chœur des serviteurs accompagne Admète, portant le corps d'Alceste |
ARISTOPHANE, les Grenouilles, 180-208, texte établi par Victor Coulon, traduit par Hilaire Van Daele, Les Belles Lettres 1954
http://www.perseus.tufts.edu/cgi-bin/ptext?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0031&layout=&loc=180
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La pièce fut jouée en 405, au lendemain de la mort d'Euripide (407) et de Sophocle (406). En ces temps troublés, la question cruciale que pose Aristophane est de savoir si la gloire littéraire d'Athènes risque de suivre son déclin militaire. A ses yeux, le poète Eschyle représente l'époque glorieuse, Euripide en revanche, l'époque de décadence qui suivit. Ce sont ces préoccupations qui constituent le thème de sa comédie. Dans la première partie, Dionysos, dieu du théâtre, décide de se rendre aux Enfers pour aller chercher Euripide, le dernier grand poète qui vient de mourir, en compagnie de son esclave, Xanthias. Héraclès lui fournit les renseignements nécessaires à ce voyage, l'ayant fait lui-même en d'autres circonstances. En particulier, il l'informe de la taxe, non pas d'une seule obole, mais de deux oboles qu'exige Charon pour le passage.(v 142) Ce taux auquel Aristophane fait allusion était celui d'un grand nombre de salaires ou d'indemnités à Athènes. Si l'esclave Xanthias n'est pas admis dans la barque de Charon, Dionysos ,quant à lui, est contraint de ramer, au rythme du chant des grenouilles, jusqu'à en avoir ampoules et courbatures. |
ANTHOLOGIE PALATINE, Livre VII, épigrammes funéraires, 365, 67, traduites par Pierre Waltz, Les Belles Lettres 1960
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Le genre de l'épigramme funéraire s'adapte particulièrement à une évocation concise du monde des Enfers et plus particulièrement de Charon. Si on retrouve les lieux communs habituels, certaines épigrammes dédiées à Diogène font écho aux Dialogues de Lucien, mettant en scène la philosophe cynique. Ses modestes biens ne risquent pas de faire chavirer la barque et plus rien ne le rattache au monde des vivants. |
LUCIEN DE SAMOSATE
(125-190 après J-C), Dialogues des Morts (Textes grecs : Classiques Athéna
, Hachette) ;
Dialogue des Morts IV : Charon et Hermès règlent leurs comptes
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Charon, associé à Hermès pour veiller à l'embarquement des morts, est le personnage central de plusieurs dialogues. L'un d'eux porte même son nom, Charon ou les Contemplateurs, où, loin de jouer son rôle habituel de passeur de morts, il décide d'aller voir comment se conduisent les vivants. Il demande à Hermès de le piloter sur terre et de lui fournir le meilleur observatoire qui soit pour réaliser son entreprise. Dans les Dialogues des Morts ,il reste fidèle à lui-même et la réception des morts dans sa barque est le prétexte à des considérations morales sur l'argent, la décadence des mœurs, la vanité des hommes. Hermès : Comptons, s'il te plaît, nocher,
combien tu me dois, afin d'éviter toute discussion à l'avenir. |
LUCIEN DE SAMOSATE
(125-190 après J-C), Dialogues des Morts (Textes grecs : Classiques Athéna
, Hachette) ;
Dialogue XXII.:Charon, Ménippe et Hermès
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Charon : Paie-moi ton passage, misérable. |
LUCIEN DE SAMOSATE, Tome 2, Opuscule 19, La Traversée pour les Enfers ou le Tyran,I, 18,19, texte établi et traduit par Jacques Bompaire, Les Belles Lettres 1998
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Ce traité est là encore un dialogue "ménippé", au ton mi-sérieux mi-comique. La leçon de morale est celle du cynisme qui renverse chez Hadès la hiérarchie de la société humaine : condamnation du riche et du tyran, éloge du pauvre : le cordonnier Mycille, du philosophe cynique : Cyniscos qui sert d'arbitre lors du procès du tyran. A propos de Charon et de la traversée, on retrouve les thèmes des Dialogues, le pauvre et le Cynique n'ont pas l'argent pour passer, mais sont prêts à aider aux manœuvres et à la navigation, à chanter plaisamment quand les autres se lamentent. |